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Articles · Opinion, Méthode

L’automatisation amplifie vos process, y compris les bancals

Quatre projets d’IA sur cinq échouent, et rarement pour des raisons techniques. Ils échouent parce qu’on n’a jamais pris le temps de cartographier ce qu’on voulait accomplir. Penser avant d’agir n’a jamais été aussi vital.

Par Cécile Carimalo,

« L’automatisation n’est pas magique. Elle amplifie tes processus existants. Si ces processus sont bancals, l’IA les rendra juste bancals à grande échelle. Plus vite. Plus fort. » Je dois cette formule à Fabien Bonneau, dont les avis sur l’IA sont toujours affûtés et limpides. Elle résume ce que j’observe chaque semaine dans les équipes communication.

La vérité qui dérange

On estime que la grande majorité des projets d’IA échouent, et presque jamais à cause de la technologie. Ils échouent parce que personne n’a pris le temps de cartographier ce que l’on voulait réellement accomplir. On a branché un outil sur une organisation, et l’outil a fait exactement ce qu’on lui demandait : reproduire, à grande vitesse, ce qui existait déjà.

Un circuit de validation à cinq niveaux automatisé reste un circuit à cinq niveaux, il va juste plus vite vers le blocage. Une newsletter dont personne ne sait à qui elle s’adresse, générée par l’IA, reste une newsletter sans destinataire, produite chaque semaine sans effort et sans lecteur. Un reporting qui ne sert aucune décision, automatisé, devient un reporting qui ne sert aucune décision, en couleurs.

Non, l’IA n’est pas magique. Oui, vous allez devoir travailler un minimum si vous voulez en apprécier la puissance.

Ce que cela implique pour une direction de la communication

Avant d’automatiser quoi que ce soit, il faut regarder le process en face. Trois questions suffisent souvent.

À quoi sert cette tâche, vraiment ? Si la réponse est « on l’a toujours faite », l’IA ne la rendra pas utile. Elle la rendra permanente.

Qui décide, et à quel moment ? Un process où la décision n’est pas située produira, une fois automatisé, des contenus que personne n’assume. C’est le scénario du communiqué généré, publié, et découvert par la direction dans la presse.

Que se passe-t-il quand ça se trompe ? L’IA se trompera. Si personne ne relit, l’erreur part à grande échelle. Si la relecture existe mais qu’elle prend plus de temps que la production manuelle, l’automatisation n’a rien gagné.

Ces questions ne sont pas techniques. Ce sont des questions d’organisation, celles qu’une dircom sait poser depuis toujours. L’IA ne les rend pas obsolètes, elle les rend urgentes.

Penser avant d’agir

C’est le conseil le moins spectaculaire et le plus rentable que je connaisse. Dans les accompagnements que je mène, la phase de cartographie révèle presque toujours plus de problèmes d’organisation que de besoins d’outils. Et c’est une bonne nouvelle : réparer un process coûte moins cher qu’automatiser un dysfonctionnement, puis le défaire.

Pensez avant d’agir : c’est souvent salvateur. En matière d’IA, c’est carrément vital.

La prochaine fois qu’on vous proposera d’automatiser une tâche, demandez d’abord à voir le process écrit noir sur blanc. S’il tient sur une page claire, l’IA fera merveille. S’il faut trois réunions pour l’expliquer, vous savez ce qu’il faut réparer en premier.

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